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02/12/2007

Basilicate

Après une longue nuit bercé par les flots, j'arrive dans le port de Naples au petit matin. De là je prends le train jusqu'à Roccadaspide, au-dessus de Paestum, où je fais une pause de quelques jours. De Paestum à Potenza, il reste une centaine de kilomètres, à travers les montagnes. Je les ferai à vélo. C'est l'occasion de découvrir le Parc National du Cilento, juste derrière Paestum, que je connais très peu, même si j'ai habité ici quasi une année. J'enfourche ma bicyclette par une belle matinée doménicale. Maintenant nous sommes en novembre et il fait trop froid pour dormir b29d568c809794fcfc6267b398a03796.jpgsous la tente c'est pourquoi mon objectif est de rejoindre Potenza dans la journée. La journée est très belle et la route panoramique magnifique. Les couleurs automnales ont envahi le paysage. Les habitants ont profité du beau temps pour faire la récolte des olives en famille. Le paysage est constellé du vert des filets placé sous les oliviers. 70d84f71956ad35cc428198466cfadf0.jpgCertains récoltent aussi les glands, destinés à l'alimentation des cochons. Dans chaque village il y a les affiches annonçant la foire de la chataigne. Dominant le paysage, il y a l'imposante silhouette des Monts Alburni, avec leurs hautes falaise brunes. La route descend tout d'abord jusqu'au fond de la vallée du Calore, une des dernières rivières d'Europe où l'on peut encore trouver la loutre à l'état sauvage. Puis commence la montée. Je suis maintenant en plein coeur du parc du Cilento, les habitations se font rares, la route est déserte. C'est un délice de rouler dans ces conditions. La route sort de la vallée et entame l'ascension des Alburni. Je passe un dernier village, Bellosguardo ("Beau Regard", tout un programme..). En effet la vue est belle. Pendant que je me repose 5 minutes assis sur un banc passe une petite procession guidée par le maire et le curé. Puis le maire s'arrête devant une pierre commémorative et entame un long discours aux accents emphasique. Tout à fait l'ambiance de Don Camillo.. Je continue l'ascension. Les oliveraies ont fait place aux vergers. Ça monte encore, et je roule désormais entre les bosquest et les pâturages de moutons. Il fait plus froid. Les hautes parois rocheuses sont maintenant juste en face de moi. Les nuages sont sortis de derrière les montagnes et souffle un vent assez fort. Ça monte toujours. La vue est magnifique. Un dernier bosquet de sapins et après un ultime virage la route s'engouffre dans une brèche dans la falaise. Et voilà la descente! Un panneau indique l'altitude : 980m! C'est le point le plus haut de mon voyage. Je suis surpris d'avoir fait la montée si facilement. J'entame la descente à pleine vitesse le long de hautes parois rocheuses. En moins de 20 mn j'arrive au bas de la descente et me retrouve dans une étrange zone plate au milieu des montagne. C'est le Val de Diano, qui est visiblement un ancien lac asséché. Il est 13 heures et j'ai la moitié du parcours. Plus que 45 km jusqu'à Potenza. Je devrais y arriver. Passons à la montagne suivante. La montée est beaucoup plus courte et en dc8f8d735c8e4ee405b35c1bb7ca37db.jpgmoins d'une heure j'arrive au col, au village de Brienza, surplombé d'une énorme forteresse. L'architecture des maisons change, les montagnes aussi, plus arrondies et couvertes de champs cultivés : je suis arrivé en Basilicate, l'antique Lucanie. À la sortie de Brienza il y a une bifurcation. À gauche l'ancienne route nationale dont je peux voir tout le parcours d'où je suis : je la vois qui descend au fond de la vallée, puis qui remonte, replonge dans la vallée suivante, et remonte... De vraies montagne russes.. À droite, la nouvelle route, une voie express qui va aussi à Potenza et qui file droit dans les montagnes grâce à une succession de viaducs et de tunnels... On est dimanche après-midi, la route est déserte, le choix est vite fait : la voie express! Je vole au dessus des vallées, traverse les montagnes. C'est sympa la montagne sans les montées.. Encore un dernier tunnel et il ne me restera plus qu'une longe descente d'une dizaine de km pour rejoindre Potenza. J'ai réussi le défi de cette grosse étape de montagne.. Sauf que, en sortant du tunnel, m'attend une armée de gros nuages noirs, sortis de je ne sais où. J'ai juste le temps de me réfugier dans un supermarché en construction. Le déluge! Et ça dure. Et la nuit tombe petit à petit. C'est rageant, j'y étais presque! Je dois me résigner à appeler Marco de Legambiente Basilicate qui envoie quelqu'un me chercher avec le fourgon.. Le lendemain, je fais une animation dans un petit village à côté de Potenza, Pignola. Malgré la pluie, je fais l'effort d'aller jusqu'à l'école avec le vélo. L'effet sur les enfants est toujours meilleur quand j'arrive directement à l'école avec le vélo. Et puis le parcours est agréable puisque de Potenza à Pignola, l'ancienne voie ferrée a été transformée en piste cyclable. La piste passe même par un ancien tunnel. 4a9011e11a19d4538573d6d74b68ff15.jpgC'est très agréable, la montée se fait en pente douce, au milieu des arbres. Le projet est de continuer la piste cyclable sur tout le reste de l'ancienne voie ferrée à travers les montagnes de la Basilicate. Cela pourrait entrer dans un projet de développement de l'écotourisme. Parce que la basilicate est un peu la région oubliée de l'Italie, loin des circuits touristiques. Mais cela pourrait devenir sa chance, parce que du fait du faible développement économique, la campagne a été préservée. Et puis il y a quand même un patrimoine historique intéressant. Je le découvre l'après-midi, lors d'une conférence organisée par Legambiente dans un autre village. La conférence est organisée dans le cadre de Salvalarte, une campagne de Legambiente pour protéger et faire connaître le patrimoine local. Dans ce village se trouve une petite église dans laquelle on a redécouvert des peintures rupestres du XIIème siècle très bien conservées. Ce patrimoine est très peu connu mais néanmoins très beau. Il y a aussi des antiques villas romaines dispersées dans la campagne. Et aussi tout un réseau d'anciennes mulatières pavées qui parcourent les montagnes. Bref, y en a des choses. Mais je dois dire que je n'ai pas encore trouvé un endroit en Italie où il n'y ai rien à voir... En tout cas cette petite étape m'a permis de découvrir une région que je ne conaissais pas et qui est néanmoins très belle. Maintenant retour en terrain connu : La Campanie

Commentaires

Salut frangino ! J'espère que tu nous fera essayer ton jeu à noël, au final tu t'es inspiré du jeu virage serré pour le faire ?
à bientôt !

Écrit par : Jérôme | 07/12/2007

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