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27/09/2017

Sur les routes de Bolivie

Pour vivre le pays un peu differemment, nous avons decide de faire une semaine de wwoofing. Le wwoofing, c'est du volontariat en ferme biologique. On travaille generalement 3 - 4 heures par jour en echange de la nourriture et du logement. C'est une maniere de faire un peu autre chose que du tourisme. On a ainsi trouve une ferme pour nous accueillir a Samaipata, dans l'est du pays, dans la zone un peu plus tropicale du pays. Ca s'appelle Ecoaldea Espiral de Luz. Traduction : Ecoferme Spirale de Lumiere. Oui, c'est un peu hippy comme ferme, apparemment c'est une communaute qui fait de la permaculture, du Tai Chi, du cirque. Ca devrait etre sympa. On quitte donc Potosi et l'altiplano pour se diriger vers l'est. 

Premiere etape, Sucre, a 3 heures de route. 

On y reste 2 jours pour en faire le tour. C'est quand meme la capitale officielle de la Bolivie, classee elle aussi au patrimoine mondial de l'Unesco. C'est une moyenne ville plutot tranquille, toute blanche avec de vieux batiments qui font penser a l'Espagne. Ici, on a un peu descendu d'altitude, on est a moins de 3000m, il fait plus doux. Les arbres ont refait leur apparition dans les campagnes, c'est plus vert. On est passe dans la partie orientale de la Bolivie. Moins de Boliviennes en costume traditionnel, plus de metis. La jupe du costume traditionnel est plus courte et le chapeau melon est remplace par une imatation de large chapeau de paille, mais en plastique.. Dans les rues, il y a plus de voitures individuelles, on sent que c'est plus riche. Mais on voit beaucoup d'enfants des rues qui semblent livres a eux memes, ce qu'on ne voyait pas dans les autres villes. 

La ville est parsemmee de batiments anciens prestigieux, tous d'une blancheur immaculee : des eglises, une universite, un grandiose theatre. Et un joli parc, en plein centre ville. Cette ville semble agreable a vivre. Dans le parc, il y a toute une partie qui est un parc de jeux gratuit pour les enfants sur le theme des dinosaures : des balancoires pterodactyles, des tourniquets velociraptor, des parcours d'equilibre triceratops, et surtout, 2 enormes tobogans diplodocus, grandeur reelle. C'est a dire que le tobogan part a bien 15 metres de haut, avec un petit rebord de 10 cm. Les enfants se jettent la dedans a plat ventre, sous le regard des parents attables aux tables des stands de grillades a cote. Un peu plus loin dans le parc il y a aussi une mini tour eiffel ou on peut grimper et puis les stands de jeux que l'on voit un peu partout en bolivie : les petits chevalets pour dessiner, les babyfoots en enfilade. Bref le paradis des enfants. Pour les enfants non abandonnes, parce que les autres sont en train de mendier ou de cirer les chaussures, ils s'amusent beaucoup moins...

 

Voila Sucre.  De la, on prend un bus de nuit car Samaipata est encore a une douzaine d'heure de bus. Et la, on fait l'erreur de prendre les places a l'avant du bus. La plupart des bus boliviens sont tres hauts, du coup les places de devant sont au dessus de la cabine du chauffeur, comme un bus a deux etages. On a certes une vue panoramique avec l'immense baie vitree, perche 3 metres au dessus de la route. 

Mais du coup, on a passe 12 heures de frayeur, a flipper comme des malades dans chaque virage. Car la route etait composee exclusivement de virages et le chauffeur roulait comme un fou. Et il doublait tous les vehicules qu'il trouvait sur son chemin. Et on etait au premieres loges, pas moyen d'y echapper. Sans compter que la route etait en travaux la majeure partie du trajet. 

Il faut dire qu'en ce moment en Bolivie ils sont en train de refaire la plupart de leurs routes. Mais quand ils refont leurs routes, ils ne font pas comme chez nous troncon par troncon. Ils refont toute la route d'un coup. Du coup, presque les 300km du trajet etaient en travaux et on a roule pratiquement tout le temps sur une seule voie sur un chemin de terre. Et bien imaginez que malgre ca le chauffeur a reussi a arriver avec 2 heures d'avance sur l'horaire prevu!  Et nous, on s'est retrouve a 4 heures du matin a Samaipata en pleine nuit. Pratique...

On attend le lever du soleil pour demander a un taxi de nous emmener a Paredones, a 20 mn de Samaipata, ou se trouve la ferme. On suit d'abord une magnifique route qui descend dans une grande vallee a la vegetation luxuriante. Changement d'ambiance, ca commence a faire bien jungle. Puis il s'engage sur un chemin de terre et on roule pendant 15 mn. Il finit par nous deposer au bord d'une riviere en pleine nature. Voila, c'est Paredones. On a bien vu quelques cahutes mais pas de traces de village. Le taxi s'en va et nous voila tout seuls au milieu de nulle part. Bon, on a interet a trouver la ferme. Le message que m'a envoye Peter, le fermier, est tres "rainbow", hippy quoi : Il faut prendre le sentier qui longe la riviere, suivre les traces rouges, depasser deux ravins "et vous entrerez dans le domaine de l'ecoaldea Espiral de Luz..." 

Il y a en effet un sentier qui longe la riviere. Et voici une marque rouge sur un tronc! On est sur le bon chemin... Il y a plein de grands arbres d'especes inconnus, des oiseaux qui font des bruits bizarre, plein de plantes parasites qui poussent sur les troncs et qui font des fleurs, tout ca au milieu de montagnes couvertes de vegetation, c'est beau... Mais le chemin n'est pas facile a suivre. Il faut franchir la riviere a gue, on se galere un peu avec nos gros sacs, puis un peu plus loin la retraverser. Le sentier est tout etroit, en equilibre entre la berge et le versant. Et be, c'est leur seul chemin d'acces? On finit par passer les 2 ravins et au bout de 30 mn, on arrive au panneau Ecoaldea. Il y a un barbele qu'il faut franchir, et de l'autre cote on se retrouve de nouveau dans la nature. Mais voici une petite hutte qui emerge. Puis un genre de tente avec une bache bleue. Il ya des petits sentiers qui partent un peu partout, on approche. On entend un son de flute de Pan. On arrive enfin a une cuisine en plein air, bricolee avec des grandes branches et des murs de paille. On appelle, personne ne repond. On entend juste la flute plus loin dans la montagne. Bon, ils doivent tous etre dans la foret a faire des cueillettes. On pose nos sacs et on se balade. C'est etonnant, il n'y a pas beaucoup de traces de cultures, a peine un petit coin de terre retournee. Et puis le campement n'est pas tres bien entretenu, ca a un petit air d'abandon. J'ai du mal acroire qu'il y a plusieur personnes qui vivent ici. ..

En attendant, on va se baigner dans la magnifique riviere qui passe en contrebas, avec d'enormes rochers et des arbres aux racines geantes qui recouvrent les rochers. Il y a une petite plage de sable, l'eau est bonne, c'est un petit paradis...
On reste a attendre comme ca toute la journee. La nuit commence a tomber et toujours personne..  Je farfouille un peu dans le campement et je finis par voir qu'il y a un carnet pose sur le banc. Et dedans, toute l'histoire du lieu depuis 4 ans, avec les messages enthousiastes des benevoles qui viennent aider et decouvrir la permaculture. Les derniers messages datent de moins d'une semaine. Le dernier message est de Peter. Il dit qu'il n'y a plus que lui, il est reste tout seul. Tout ceux avec qui il avait commence le projet sont partis. Il ne veut pas continuer tout seul. Puis un message sans date, au crayon. Il dit qu'il va chercher du travail en ville, peut etre qu'il reviendra plus tard. "Toi qui passe, installe toi, et si on ne se croise pas, bonne route"...
Bon, pas de bol on n'est pas arrive au bon moment.. Heureusement on a notre tente et un peu de nourriture. On passe la nuit sur place. Et le lendemain, c'est la grosse galere pour sortir de la. On fait le chemin inverse avec nos gros sacs, puis on revient sur le chemin mais pas de trace de taxi. On croise quelques paysans qui nous disent qu'en remontant le chemin, peut etre il y aura un minibus qui passera dans l'aprem. Le chemin est raide avec les sacs et il fait bien chaud. On se pose epuise au bord du chemin et 2 heures plus tard, un minibus! On finit par revenir a Samaipata et on se pose dans un hotel. Ouf!

Du coup, on reste quelques jours a Samaipata a visiter. Le coin est super agreable, en pleine nature, le village est paisible. On se fait des balades dans le parc national d'Amboro, a cote. La vie de touriste a du bon... Mais on aimerait faire un peu de volontariat quand meme On peut tenter un autre projet. On a croise une francaise qui travaille dans une ONG et elle nous a parle d'un super projet d'agriculture ou ils prennent des volontaires, le Centre de Ressource de Permaculture, fonde par Simon, un Neo Zelandais. La permaculture, c'est super a la mode, c'est une technique pour cultiver en respectant la nature. Sur la carte, c'est pas trop loin d'ici. Allez, on se motive, on veut faire du volontariat! J'appelle Simon au telephone et il nous dit qu'on peut passer.
Bon. A vol d'oiseau c'etait peut-etre pres, mais entre les horaires de bus et les routes indiquees sur la carte mais inexistantes dans la realite, on met 3 jours pour y aller. On se retrouve notament bloque un jour a Totora, une petite ville perdue, completement a l'ecart des routes, par laquelle on a voulu passer pour prendre un raccourci. C'est tres mignon, completement desuet, tout est reste fige comme il y a 200 ans, avec une architecure espagnole coloniale, en particulier une tres jolie place aux arcades toutes bleues. C'est le jour du marche, on sent qu'il n'y a pas souvent de touristes ici. On n'est plus qu'a 50 km de Mizque, notre destination. J'essaie pendant toute la matinee de faire du stop mais personne dans la ville ne sait comment se rendre a Mizque, ils me regardent comme un fou. Ils n'ont jamais entendu parler d'une route pour aller la bas. On finit par se resigner a prendre un bus qui nous fait faire un detour de 200km, avec etape a Cochabamba ou on doit dormir et voici enfin Mizque!

C'est une petite bourgade dans une plaine toute verte au milieu de montagnes arides. Le climat est toujours tres doux. On arrive sur le terrain de Simon. En plein milieu du terrain, il y a une etonnante maison bleue, comme une tour. C'est la qu'on sera loge, trop bien, avec une magnifique baie vitree avec vue sur les montagnes. Et la, je peux vous dire qu'on a vraiment fait les volontaires, du travail il y en avait. On a bouge un gros tas de bois, transporte des tuiles en brouette, casse une dalle de beton, ponce une satanee grille pour enlever du silicone, peint cette meme grille. Bref, a la fin de la semaine, on n'avait pas touche la terre ou une plante. Vive le benevolat agricole! En fait, l'essentiel de l'activite du moment se resume a preparer une fete et a construire d'autres maisons pour accueillir d'autres volontaires. Pour ce qui est de l'agriculture, le jardin semble assez moribond pour l'instant, la plupart des plantes sont seches. Le seul truc interessant est que Simon, en cherchant sur internet, a trouve une recette d'engrais naturel, avec du compost et un champignon anaerobie, et ca ca marche du tonnerre, les voisins viennent tous lui en acheter. 
Mais bon, on decouvre sa vision d'un projet "sostainable", qui doit etre durable mais aussi rentable. Je suis malade comme un chien les 2 derniers jours et il vient me demander des sous parce que du coup il dit que je lui coute, alors que je ne mange rien du tout, et il nous reclame aussi des sous pour des velos qu'ils nous avait pretes, mais en fait c'etait une location.. Et on decouvre que 2 autres volontaires qui sont la payent en fait 15 dollars par jour pour posser gratos. Bon, c'est sur que comme ca le projet va etre rentable, je comprends que comme ca, son projet va etre "sustainable"...
On part un peu degoutes, bien decides a ne faire que les touristes pour le reste du voyage... 

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