29/09/2017
Les petits metiers de Bolivie
Voici quelques uns des petits metiers que l'on rencontre ici et qui font toute l'ambiance du pays...
Cuisiniere de rue
On voit dans la rue ces femmes, souvent en costume traditionnel, tronant au milieu de leurs enormes casseroles posees a meme le sol. Chauqe casserole est couverte d'un drap ou d'une bache, impossible de savoir ce qu'il y a dedans. A moins qu'il y ait deja des mangeurs autour, en train de deguster. Il faut jeter un coup d'oeil a leur assiette. Si ca nous plait, on peut s'asseoir sur un des petits tabourets en plastique bleu que la cuisiniere a dispose autour de ses casseroles. Pour une somme modique, elle nous sert une enorme assiette, presqu'un saladier, dans laquelle elle nous sert un plat complet : du riz, des pates, quelques pommes de terre, une sauce, des bouts de viande, plus une salade compose, tout dans la meme assiette. Il faut la voir soulever les baches, ouvrir ses casseroles les unes apres les autres, et les refermer aussitot pour ne pas perdre la chaleur, prendre les pommes de terre ou la salade avec un petit plastique pour ne pas toucher avec les mains. En 15 secondes, on a notre assiette. Avec un verre d'infusion mysterieuse en prime. C'est souvent enorme, tres dur d'aller jusqu'au bout mais les autres boliviens assis autour n'ont aucun mal a finir. Au debut je pensais que c'etait leur seul repas de la journee, mais en fait non, ils peuvent manger ca midi et soir, et on en voit meme le matin. Pendant qu'elle nous sert, la cuisiniere interpelle les passants pour motiver d'autres mangeurs. Ce qui fait que la dizaine de tabourets et souvent remplie en permanence. C'est qu'il faut qu'elle vide ses casseroles. Elle a egalement une bassine d'eau pour rincer les assiettes et les verres. Et quand il pleut, pas de probleme, elle installe une espece de campement avec un parasol et une grande bache bleue. Et pour la lumiere, une ampoule electrique reliee par un fil connecte en parallele sur un lampadaire ou un cable du reseau electrique de la rue... (Parenthese en passant, je ne sais pas comment fonctionne leur reseau electrique mais c'est impressionnant, il y a un amas de fils sur les poteaux electriques, on dirait que n'importe qui peut venir tirer un fil et s'y brancher en bidouillant. Ca rendrait fou des electriciens de chez nous. Sans compter que dans les zones plus chaudes, il y a des plantes parasites sans racines qui squattent en plus le reseau...)
Crieur de bus
Ca, c'est un metier ou il faut du coffre. Dans chaque gare routiere, vous avez ces types qui crient les destinations a longueur de journee pour essayer d'amener des passagers dans leur bus. Il y a en effet une multitude de compagnies privees, souvent avec juste un bus, et qui se font d'autant plus concurrence que, pour une raison mysterieuse, les bus pour la meme destination partent a la meme heure. Du coup, pour attraper le client, il y a ces crieurs, qui sont la toute la journee a crier "La Paz, La Paz! Cuzco Cuzco! Tot le matin, ca commence calmement. Il n'y a pas encore beaucoup de clients du coup les crieurs se mettent en chasse pour le debusquer dans le moindre recoin de la gare routiere. Ils arpentent le hall, les contre-allees sortent sur le trottoir puis reviennent par une autre entree, suivant un parcours assez complique et criant de temps en temps leur destination. Puis la matinee avance et le brouhaha augmente. Les passagers potentiels arrivent plus nombreux et les crieurs de bus se concentrent sur les entree, se jetant sur le moindre passager qui a fait mine de reagir au son de la destination. Armes d'un formulaire, ils l'attrapent, un peu comme un gros poisson et l'emmenent jusqu'au guichet de leur compagnie ou un autre employe se charge de faire le billet. Et le crieur repart a l'assaut. Chacun essaie de trouver sa place dans le concert des cris, avec une voix plus forte, un enchainement des noms inedit, un roulement de syllabe... je ne sais pas comment ils font pour garder leur voix comme ca toute la journee. Et une fois, que le bus part, n'aller pas croire qu'il se fait une pause. Le bus quitte generalement sa place exactement a l'horaire indique. Mais commence alors un tout un manege. Le bus se dirige lentement vers la sortie de la gare routiere, accompagne d'un ou deux crieurs plus le gars du guichet qui continuent de crier le nom de la destination. Ils attrapent ainsi quelques passagers supplementaires. Puis le gardien de la gare routiere finit par venir raler car le bus bloque la sortie, alors le bus continue d'avancer et quitte lentement la gare pour aller se garer sur le trottoir en face. Et la, les crieurs redoublent d'effort, invectivant tous les passants avec une telle motivation que je suis qu'ils arrivent a convaincre de monter des gens qui passaient la par hasard. Le fait est qu'ils sont super efficace. Ainsi, un jour, le bus part a l'heure et a notre grand etonnement on etait que tous les 2 dans le bus. Et bien, nous partimes 2, et par un prompt effort des crieurs, nous nous retrouvames une bonne trentaine, 100 metres plus loin, en quittant le port...
Vendeur d'allee de bus
Il y a toute une economie qui tourne autour de ces bus, c'est impressionnant! Et notamment ces vendeurs ambulants qui defilent quand le bus est encore a l'arret, quand il vient de partir et qu'il est encore dans les faubourg, et a chaque arret que l'on fait pour deposer quelqu'un. Meme si c'est en pleine cambrousse, il y a toujours quelques vendeurs qui montent et qui nous accompagnent jusqu'a l'arret suivant. Ce sont souvent des femmes en costume traditionnel, avec leurs gros jupons bouffants qui se faufilent dans les allees pour vendre des plats, souvent riz et poulet, mais aussi du charke, de la viande de lama sechee, accompagne de gros grains de mais blanc, qu'on n'a pas chez nous, de la taille de grosses noisette. Il y a aussi des enfnats qui passent avec des des sirops dans des petits sacs plastique. Pour les boire, il faut percer le sachet avec une paille. Il y a aussi les vendeurs de glace avec leur glaciere en polystirene, au contenu assez louche. Pas tant sur la congelation douteuse que sur les parfums des glaces. J'en ai tente une parfum exotique : c'etait une vieille gauffrette molle avec une glace orangeatre au vague gout d'ananas. Cecile a eu encore moins de chance : ca paraissait un sorbet coca cola, en fait c'etait gout canelle rance, ils ont vraiment des droles de gouts ici...
Et puis il y a le vendeur style VRP, avec sa chemise classe. Il apparait generalement au debut du voyage, une fois passes les faubourgs. Au debut, on dirait un passager qui se degourdit les jambes dans l'allee. Et puis ils commence a s'addresser aux passagers un peu comme dans un one-man show. Je vous avais parle de celui qui avait essaye pendant 20 mn, sans succes, de convaincre les passagers des bienfaits d'une lotion contre la chute des cheveux (il faut dire que cétait un peu perdu d'avance, il y a extremement peu de boliviens chauves, du moins les indigenes) Et bien, on en a eu un encore plus fort, et plus talentueux. Lui, ils nous parle bien pendant une trentaine de minutes sans qu'on comprenne ce qu'il voulait nous vendre. Il nous parlait de paraistes intestinaux qui provoqueraient une mauvaise haleine le matin, des barbouillements au ventre si on mange trop de viande rouge. Et plus le temps passait, plus ca empirait jusqu'a ce qu'il nous parle de cancer du colon, de colostomie, en entrant bien dans les details et, pour finir, de mort pure et simple. Et c'est alors qu'il a sorti son produit miracle pour laver l'estomac, a base de graines de pamplemousse et autres plantes. le petit sachet a 15 bolivianos mais promo speciale a 10 pour les 5 premiers qui levent la main. une premier emain timide s'est levee et rapidement 4 autres, et le vendeur est resorti avec 50 bolivianos en poche, ce qui nést pas mal du tout, surtout síl se fait un ou deux autres bus dans la journee...
Cireur de pompes
Pour ceux qui sont plus adeptes de la marche a pied, si vous avez des chaussures en cuir, vous ne manquerez pas d'etre aborde par un cireur de chaussure. Ils sont tres differents en fonction des villes. A Cuzco, c'est des gars plutot sympathiques qui s'exclamment de joie en voyant vos chaussures poussiereuses. Il se baladent avec une petite caisse et s´assoient dessus le temps de faire les chaussures. Ils sont aussi capables de vou sproposer de cirer vos baskets synthetiques... A La Paz, c'est tout autre chose. Ce sont d´étranges type cagoules, vetus d'une combinaison de garagiste et qui se plantent devant vous en silence en montrant vos pieds. Au debut, c'est assez inquietant. En fait, c'est parce qu'a La Paz, c'est considere comme une honte d'etre cireur de chaussure alors ils mettent une cagoule pour ne pas qu'on les reconnaissent... A Tupiza, encore different. La, les cireurs sont equipes : chacun possede une espece de trone sureleve en bois pour faire asseoir le client , avec un petit toit pour proteger de la pluie, et le cireur sínstalle confortablement sur un tabouret, sans meme a avoir a se baisser, puisque le client est sureleve. Enfin a Sucre, beaucoup moins sympa, les cireurs de chaussure sont essentiellement des enfants de moins de 10 ans, certes tres professionnels, mais qui n'ont vraiemnt rien a faire la...
Tenancier de baño publico
La Bolivie serait un pays qui plairait enormement a maman : a chaque coin de rue, il y a un baño publico, des toilettes publiques! La plupart sont des toilettes privees. Et c'est un buiseness qui marche bien. N´importe qui a sa cour ou sa maison qui donne sur la rue peut creer ses baño publico. Il suffit d'accrocher un panneau, et d'installer une petite table a l'entree. Ca coute generalement 1 boliviano (15 centimes) l'entree et en echange vous avez droit a quelques feuilles de papier toilette. Generalement, a Cuzco et La Paz, c'est tres precisemment 6 feuilles de PQ. Je pense que le chiffre a du etre decide apres des statistiques d'usage. Apparemment 5, c'etait vraiment trop peu, il y a du y avoir des recriminations, par contre 6 c'est possible... Ce chiffre est tres important car c'est autant d'economies de rouleaux de PQ pour le tenancier. A savoir que je ne sais pas pourquoi mais dans les villages ils sont plus genereux, ca peut aller jusqu'a 10 feuilles... Et dans les quelques toilettes officielles comme a la gare routiere ou au marche, vous avez droit en plus a un petit ticket facture, qui peut etre eventuellement utilise en cas de secours... A savoir : on ne jette pas le papier dans la cuvette mai sdans une petite poubelle a cote, ceci afin d'eviter de tout boucher. C'est une pratique generalisee a toute la Bolivie, et a la longue, on s'y fait. Parfois on vous donne aussi un petit seau rempli d'eau, bricole avec un bidon d'huile de vidange, quand il n'y a pas de chasse d'eau.
Voila vous savez tout sur ce detail pratique au combien important pendant le voyage...
Presseur de Jus
Et mon prefere pour finir, le presseur de jus de fruit. Ca c'est un vrai bonheur. On en trouve partout, et a chaque fois c'est un regal de se boire un bon jus presse pour moins d'un euro. Il y en a de 2 types. Il y a d'abord le presseur de jus d'orange. C'est le plus frequent et il a un stand ambulant. En bolivie, le stand est rempli d'oranges pelees, par contre, au Perou, c'ets le contraire, il est recouvert d'epluchures d'orange, pour indiquer l'activite. Sur le stand, il y a un pressoir avec le socle en fonte et une grande poignee. On place la demi orange a son emplacement, prealablement pelee, et hop! un ou deux grands coups de poignee. Et le presseur remplit comme ca une petite carafe, qu'il verse dans un immense verre, un peu comme les coupes de glace au restaurant. Et quand vous l'avez fini, il vous verse le restant de la carafe qui remplit de nouveau le verre. Un bon demi litre de jus. Ca c'est de la generosite! hum...
Et si vous en avez marre des oranges, il y a aussi des presseurs de multifruit. Cela, on les trouve generalement au marche, derriere un stand recouvert d'une montagne de fruits tropicaux. Il n'y a plus qu'a choisir : papaye, ananas, maracuja, pomme, fraise, kiwi... Et demandez le fameux jus vert : pomme, ananas, celeri, epinard.. Apparemment, c'est tres bon pour la sante
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27/09/2017
Sur les routes de Bolivie
Pour vivre le pays un peu differemment, nous avons decide de faire une semaine de wwoofing. Le wwoofing, c'est du volontariat en ferme biologique. On travaille generalement 3 - 4 heures par jour en echange de la nourriture et du logement. C'est une maniere de faire un peu autre chose que du tourisme. On a ainsi trouve une ferme pour nous accueillir a Samaipata, dans l'est du pays, dans la zone un peu plus tropicale du pays. Ca s'appelle Ecoaldea Espiral de Luz. Traduction : Ecoferme Spirale de Lumiere. Oui, c'est un peu hippy comme ferme, apparemment c'est une communaute qui fait de la permaculture, du Tai Chi, du cirque. Ca devrait etre sympa. On quitte donc Potosi et l'altiplano pour se diriger vers l'est.
Premiere etape, Sucre, a 3 heures de route.
On y reste 2 jours pour en faire le tour. C'est quand meme la capitale officielle de la Bolivie, classee elle aussi au patrimoine mondial de l'Unesco. C'est une moyenne ville plutot tranquille, toute blanche avec de vieux batiments qui font penser a l'Espagne. Ici, on a un peu descendu d'altitude, on est a moins de 3000m, il fait plus doux. Les arbres ont refait leur apparition dans les campagnes, c'est plus vert. On est passe dans la partie orientale de la Bolivie. Moins de Boliviennes en costume traditionnel, plus de metis. La jupe du costume traditionnel est plus courte et le chapeau melon est remplace par une imatation de large chapeau de paille, mais en plastique.. Dans les rues, il y a plus de voitures individuelles, on sent que c'est plus riche. Mais on voit beaucoup d'enfants des rues qui semblent livres a eux memes, ce qu'on ne voyait pas dans les autres villes.
La ville est parsemmee de batiments anciens prestigieux, tous d'une blancheur immaculee : des eglises, une universite, un grandiose theatre. Et un joli parc, en plein centre ville. Cette ville semble agreable a vivre. Dans le parc, il y a toute une partie qui est un parc de jeux gratuit pour les enfants sur le theme des dinosaures : des balancoires pterodactyles, des tourniquets velociraptor, des parcours d'equilibre triceratops, et surtout, 2 enormes tobogans diplodocus, grandeur reelle. C'est a dire que le tobogan part a bien 15 metres de haut, avec un petit rebord de 10 cm. Les enfants se jettent la dedans a plat ventre, sous le regard des parents attables aux tables des stands de grillades a cote. Un peu plus loin dans le parc il y a aussi une mini tour eiffel ou on peut grimper et puis les stands de jeux que l'on voit un peu partout en bolivie : les petits chevalets pour dessiner, les babyfoots en enfilade. Bref le paradis des enfants. Pour les enfants non abandonnes, parce que les autres sont en train de mendier ou de cirer les chaussures, ils s'amusent beaucoup moins...
Voila Sucre. De la, on prend un bus de nuit car Samaipata est encore a une douzaine d'heure de bus. Et la, on fait l'erreur de prendre les places a l'avant du bus. La plupart des bus boliviens sont tres hauts, du coup les places de devant sont au dessus de la cabine du chauffeur, comme un bus a deux etages. On a certes une vue panoramique avec l'immense baie vitree, perche 3 metres au dessus de la route.
Mais du coup, on a passe 12 heures de frayeur, a flipper comme des malades dans chaque virage. Car la route etait composee exclusivement de virages et le chauffeur roulait comme un fou. Et il doublait tous les vehicules qu'il trouvait sur son chemin. Et on etait au premieres loges, pas moyen d'y echapper. Sans compter que la route etait en travaux la majeure partie du trajet.
Il faut dire qu'en ce moment en Bolivie ils sont en train de refaire la plupart de leurs routes. Mais quand ils refont leurs routes, ils ne font pas comme chez nous troncon par troncon. Ils refont toute la route d'un coup. Du coup, presque les 300km du trajet etaient en travaux et on a roule pratiquement tout le temps sur une seule voie sur un chemin de terre. Et bien imaginez que malgre ca le chauffeur a reussi a arriver avec 2 heures d'avance sur l'horaire prevu! Et nous, on s'est retrouve a 4 heures du matin a Samaipata en pleine nuit. Pratique...
On attend le lever du soleil pour demander a un taxi de nous emmener a Paredones, a 20 mn de Samaipata, ou se trouve la ferme. On suit d'abord une magnifique route qui descend dans une grande vallee a la vegetation luxuriante. Changement d'ambiance, ca commence a faire bien jungle. Puis il s'engage sur un chemin de terre et on roule pendant 15 mn. Il finit par nous deposer au bord d'une riviere en pleine nature. Voila, c'est Paredones. On a bien vu quelques cahutes mais pas de traces de village. Le taxi s'en va et nous voila tout seuls au milieu de nulle part. Bon, on a interet a trouver la ferme. Le message que m'a envoye Peter, le fermier, est tres "rainbow", hippy quoi : Il faut prendre le sentier qui longe la riviere, suivre les traces rouges, depasser deux ravins "et vous entrerez dans le domaine de l'ecoaldea Espiral de Luz..."
Il y a en effet un sentier qui longe la riviere. Et voici une marque rouge sur un tronc! On est sur le bon chemin... Il y a plein de grands arbres d'especes inconnus, des oiseaux qui font des bruits bizarre, plein de plantes parasites qui poussent sur les troncs et qui font des fleurs, tout ca au milieu de montagnes couvertes de vegetation, c'est beau... Mais le chemin n'est pas facile a suivre. Il faut franchir la riviere a gue, on se galere un peu avec nos gros sacs, puis un peu plus loin la retraverser. Le sentier est tout etroit, en equilibre entre la berge et le versant. Et be, c'est leur seul chemin d'acces? On finit par passer les 2 ravins et au bout de 30 mn, on arrive au panneau Ecoaldea. Il y a un barbele qu'il faut franchir, et de l'autre cote on se retrouve de nouveau dans la nature. Mais voici une petite hutte qui emerge. Puis un genre de tente avec une bache bleue. Il ya des petits sentiers qui partent un peu partout, on approche. On entend un son de flute de Pan. On arrive enfin a une cuisine en plein air, bricolee avec des grandes branches et des murs de paille. On appelle, personne ne repond. On entend juste la flute plus loin dans la montagne. Bon, ils doivent tous etre dans la foret a faire des cueillettes. On pose nos sacs et on se balade. C'est etonnant, il n'y a pas beaucoup de traces de cultures, a peine un petit coin de terre retournee. Et puis le campement n'est pas tres bien entretenu, ca a un petit air d'abandon. J'ai du mal acroire qu'il y a plusieur personnes qui vivent ici. ..
En attendant, on va se baigner dans la magnifique riviere qui passe en contrebas, avec d'enormes rochers et des arbres aux racines geantes qui recouvrent les rochers. Il y a une petite plage de sable, l'eau est bonne, c'est un petit paradis...
On reste a attendre comme ca toute la journee. La nuit commence a tomber et toujours personne.. Je farfouille un peu dans le campement et je finis par voir qu'il y a un carnet pose sur le banc. Et dedans, toute l'histoire du lieu depuis 4 ans, avec les messages enthousiastes des benevoles qui viennent aider et decouvrir la permaculture. Les derniers messages datent de moins d'une semaine. Le dernier message est de Peter. Il dit qu'il n'y a plus que lui, il est reste tout seul. Tout ceux avec qui il avait commence le projet sont partis. Il ne veut pas continuer tout seul. Puis un message sans date, au crayon. Il dit qu'il va chercher du travail en ville, peut etre qu'il reviendra plus tard. "Toi qui passe, installe toi, et si on ne se croise pas, bonne route"...
Bon, pas de bol on n'est pas arrive au bon moment.. Heureusement on a notre tente et un peu de nourriture. On passe la nuit sur place. Et le lendemain, c'est la grosse galere pour sortir de la. On fait le chemin inverse avec nos gros sacs, puis on revient sur le chemin mais pas de trace de taxi. On croise quelques paysans qui nous disent qu'en remontant le chemin, peut etre il y aura un minibus qui passera dans l'aprem. Le chemin est raide avec les sacs et il fait bien chaud. On se pose epuise au bord du chemin et 2 heures plus tard, un minibus! On finit par revenir a Samaipata et on se pose dans un hotel. Ouf!
Du coup, on reste quelques jours a Samaipata a visiter. Le coin est super agreable, en pleine nature, le village est paisible. On se fait des balades dans le parc national d'Amboro, a cote. La vie de touriste a du bon... Mais on aimerait faire un peu de volontariat quand meme On peut tenter un autre projet. On a croise une francaise qui travaille dans une ONG et elle nous a parle d'un super projet d'agriculture ou ils prennent des volontaires, le Centre de Ressource de Permaculture, fonde par Simon, un Neo Zelandais. La permaculture, c'est super a la mode, c'est une technique pour cultiver en respectant la nature. Sur la carte, c'est pas trop loin d'ici. Allez, on se motive, on veut faire du volontariat! J'appelle Simon au telephone et il nous dit qu'on peut passer.
Bon. A vol d'oiseau c'etait peut-etre pres, mais entre les horaires de bus et les routes indiquees sur la carte mais inexistantes dans la realite, on met 3 jours pour y aller. On se retrouve notament bloque un jour a Totora, une petite ville perdue, completement a l'ecart des routes, par laquelle on a voulu passer pour prendre un raccourci. C'est tres mignon, completement desuet, tout est reste fige comme il y a 200 ans, avec une architecure espagnole coloniale, en particulier une tres jolie place aux arcades toutes bleues. C'est le jour du marche, on sent qu'il n'y a pas souvent de touristes ici. On n'est plus qu'a 50 km de Mizque, notre destination. J'essaie pendant toute la matinee de faire du stop mais personne dans la ville ne sait comment se rendre a Mizque, ils me regardent comme un fou. Ils n'ont jamais entendu parler d'une route pour aller la bas. On finit par se resigner a prendre un bus qui nous fait faire un detour de 200km, avec etape a Cochabamba ou on doit dormir et voici enfin Mizque!
C'est une petite bourgade dans une plaine toute verte au milieu de montagnes arides. Le climat est toujours tres doux. On arrive sur le terrain de Simon. En plein milieu du terrain, il y a une etonnante maison bleue, comme une tour. C'est la qu'on sera loge, trop bien, avec une magnifique baie vitree avec vue sur les montagnes. Et la, je peux vous dire qu'on a vraiment fait les volontaires, du travail il y en avait. On a bouge un gros tas de bois, transporte des tuiles en brouette, casse une dalle de beton, ponce une satanee grille pour enlever du silicone, peint cette meme grille. Bref, a la fin de la semaine, on n'avait pas touche la terre ou une plante. Vive le benevolat agricole! En fait, l'essentiel de l'activite du moment se resume a preparer une fete et a construire d'autres maisons pour accueillir d'autres volontaires. Pour ce qui est de l'agriculture, le jardin semble assez moribond pour l'instant, la plupart des plantes sont seches. Le seul truc interessant est que Simon, en cherchant sur internet, a trouve une recette d'engrais naturel, avec du compost et un champignon anaerobie, et ca ca marche du tonnerre, les voisins viennent tous lui en acheter.
Mais bon, on decouvre sa vision d'un projet "sostainable", qui doit etre durable mais aussi rentable. Je suis malade comme un chien les 2 derniers jours et il vient me demander des sous parce que du coup il dit que je lui coute, alors que je ne mange rien du tout, et il nous reclame aussi des sous pour des velos qu'ils nous avait pretes, mais en fait c'etait une location.. Et on decouvre que 2 autres volontaires qui sont la payent en fait 15 dollars par jour pour posser gratos. Bon, c'est sur que comme ca le projet va etre rentable, je comprends que comme ca, son projet va etre "sustainable"...
On part un peu degoutes, bien decides a ne faire que les touristes pour le reste du voyage...
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26/09/2017
La fete a Potosi!
Après le Salar, direction la ville de Potosi, classee au patrimoine mondial de l'Unesco. Potosi est surmontee par une grande montagne rouge, en forme de pyramide, le Cerro Rico. Ca veut dire la montagne riche. Et elle porte bien son nom. C'est la que se trouvait la plus grosse mine d'argent de l'empire espagnol, et meme du monde. Pendant 3 siecles, les espagnols en ont extrait des quantites astronomiques d'argent, c'est ce qui a assure la richesse du Royaume pendant des siecles. Du coup, une immense ville s'est developpee au pied de la montagne, Potosi a longtemps ete la plus grande ville d'Amerique du Sud. La contrepartie, c'est que pour exploiter ces mines, les espagnols ont mis aux travaux forces les indigenes, obligeant tous les hommes a 2 ans de service obligatoire dans les mines. Et comme ca ne suffisait pas, ils ont fait venir des esclaves africains. Ceux ci ne survivaient pas plus de quelques mois a cause de l'altitude (on est toujours a 4000m) et des conditions horribles dans les galeries. Resultat : plus de 8 millions de morts en 3 siecles.
Aujourd'hui, pres de 2 siecles apres le depart des espagnols, les mines sont toujours exploitees, ce sont des cooperatives de mineurs qui ont pris le relais. Le probleme c'est que les conditions sont toujours tres dures et surtout, il n'y pratiquement plus rien. Ce qui fait que les mineurs creusent et creusent encore et que maintenant la montagne risque de s'effondrer sur la ville. D'ailleurs l'activite touristique phare de la ville, c'est la visite des mines en activite. On peut aller voir les mineurs au fond de leurs galeries, les voir manipuler la dynamite, aller voir la statue du diable a laquelle ils font des offrandes. Bon, nous on ne l'a pas fait, il faut dire que ca fait un peu voyeur. On s'est contente (enfin juste moi, Cecile etait malade) de la visite de la Casa de la Moneda, ce grand batiment ou les espagnols frappaient leur monnaie d'argent pour tout l'empire. Qu'est ce que j'ai retenu? Et bien, que la aussi les conditions de travail n'etaient pas brillantes. Mais aussi que le symbole du dollar, le $, ca vient des monnaies de Potosi. Sur les monnaies frappees a Potosi il y avait en effet les initiales de Potosi P T S I avec les lettres superposees l'une sur l'autre. Ecrivez les et vous verrez que ca fait presque le symbole du dollar. Les americains ont repris le symbole en le simplifiant.
Et j'ai aussi eu l'explication de toutes ces statues de la vierge en haut des montagnes. Dans la Casa de la Moneda, il y a un tableau de la Vierge un peu bizarre. On y voit la montagne de Potosi avec un visage de la Vierge sur le sommet, comme si la montagne faisait la robe de la Vierge. Et c'est vrai qu'un peu partout on voit ces tableaux de la Vierge avec une etrange robe en triangle. En fait c'est grace a ca que les Espagnols ont converti les indigenes. Ils ont ainsi assimile la Vierge a une montagne et comme ca les indigenes croyaient voir la Pachamama, la Terre mere, symbolisee elle aussi par une montagne. Et ils se sont mis a venerer la Vierge, bien plus que Jesus.. Et du coup l'eglise a prospere, et a Potosi c'est plein d'eglises plus somptueuses les unes que les autres.
D'ailleurs on arrive pendant la grosse fete religieuse de l'annee, la San Bartolome, aussi appellee Ch'utillo. C'est l'evenement de l'annee. Tous les quartiers, les paroisses, les ecoles, les villages ont prepare une delegation de danseurs et de musiciens pour defiler en ville. Ca commence le matin. Un parcours de 5 km a ete decide par la municipalite. On arrive vers 10 h. Le long de la rue, les spectateur sont deja la, certains ont amene de petits tabourets pour s'installer confortablement. Evidemment il y a des stands de nourriture et de boissons un peu partout. On voit passer les groupes les uns apres les autres. Au debut ce sont surtout des enfants, les ecoles j'imagine. Ils ont de superbes costumes et ils font des choreographies hyper sophistiquees tout en avancant. Chaque groupe est accompagne par une fanfare. Au debut du groupe ce sont les tout petits, il y en a qui n'ont pas 6 ans, puis les plus grands et pour finir les ados qui jouent de la fanfare. Les groupes se succedent les uns apres les autres le long de la rue, tous avec des costumes et des choreographies differentes. C'est etonnant, on dirait que tous les ados de la ville savent jouer d'un instrument de fanfare, chaque groupe a sa fanfare. Les enfants ont l'air bien creves, il faut dire qu'ils viennent de faire 5 km en dansant...
En debut d'apres midi, les groupes continuent de se succeder. C'est maintenant des plus grands. Il y a par exemple l'enorme groupe des infirmieres (plusieurs centaines), les groupes de quartiers, et aussi l'etonnant petit groupe des ingenieurs geologues.... Tout le monde peut faire son groupe apparemment, il suffit de se faire un costume et de faire une choregraphie.... Beaucoup de costumes s'inspirent des costumes traditionnels, en plus colore. D'autres sont plus en uniforme de fanfare, tres chics, d'autres encore s'inspirent du style country americain. il y a aussi des groupes venus de villages avoisinant. Leurs costumes sont moins scintillants, on voit qu'ils sont fait main, c'est plus traditionnel, les musiciens ont d'incroyables chapeaux en plumes de nandou, cette autruche americaine. D'autres ont les chapeaux entoures de branchages verts . Et dans ces groupes de village, il y en a un qui est masque, avec une longue perruque blonde hirsute, sous une grande tunique et qui fait a moitie le diable, qui tourne partout en criant. En fait, apparemment ca symbolise les espagnols... Les musiciens de villages ont de grands tambours faits main et ils jouent de la kena ou de la flute de pan, les instruments traditionnels.
On n'est pas loin de l'eglise San Bartolome, arrivee du defile. On s'approche pour voir comment se passe le final. Au pied de l'eglise c'est evidemment la foire. On voit que les groupes qui arrivent sont epuises mais la musique de la fanfare leur fait tenir le rythme. Et les danseurs rentrent dans l'eglise qui a les portes grandes ouvertes, tout en continuant de danser. Puis c'est au tour de la fanfare de rentrer, toujours en jouant. C'est vraiement etonnant ces danses et la fanfare dans l'eglise, on est pas habitue a ca... En fait, l'interieur de l'eglise est vide, on a enleve tous les bancs. A l'interieur il y a egalement des hauts parleurs qui diffusent de la musique, ca fait un sacre boucan. Et il y a plein de vendeurs de cierges ambulants, pour ceux qui veulent faire une offrande a San Bartolome, et aussi des photographes ambulants pour ceux qui veulent se prendre en photo debant la statue...
Mais les danseurs continuent d'avancer et ressortent de l'autre cote de l'eglise, pour faire place aux suivants. Ca n'arrete pas!
On finit par se lasser et on rentre a l'auberge.
Cecile dit qu'ils vont continuer comme ca jusqu'a la nuit. Je n'y crois pas. Je vais pourtant y refaire un tour vers 10 h du soir pour voir. Vers l'eglise, il y a toujours la foire. La rue est envahie de passants. Et tout d'un coup, la foule s'ecarte, et revoici un groupe de danseurs et sa fanfare. C'est incroyable, il y en a encore! Je remonte un peu la rue d'ou ils viennent pour voir s'il y en a d'autre. La rue est maintenant entierement bordee de tabourets. Il y a bien plus de monde que ce matin. C'est plein de familles qui se sont installes la et qui regardent passer les danseurs en mangeant. Il y en a meme qui se sont debrouilles pour amener des mini-gradins, c'est dingue, ils les gardaient dans leur garage ou quoi? Il y a une super bonne ambiance, les enfants jouent au milieu de la rue entre le passage de chaque groupe de danseurs, et les vendeurs ambulants defilent, les vendeurs de gadgets et les vendeurs de barbe a papa avec leur grande perche ou sont accrochees les barbes a papa.
Je continue de remonter la rue. Toutes les boutiques sont ouvertes, meme le veterinaire et meme les pompes funebres, on ne sait jamais...
Je finis par arriver face a un grand portail ouvert en plein milieu de la rue. Je rentre. Je me retrouve au milieu d'un vaste espace en terre battue avec des gradins sur la droite et une immense, mais alors immense canette de biere gonflable, elle fait bien 8 metres de haut! Il y a quelques stands de nourriture mais c'est assez desert. Qu'est ce que c'est que cet endroit? C'est la caserne! Le parcours du defile passe par la! Sur les gradins il y a des groupes de militaires qui tout d'un coup se levent en marchant au pas, sous la direction de leur chef. Apparemment la recre est fini, ils vont se coucher. De l'autre cote de la cour, il y a un autre portail ouvert encadre par de petites tours a crenaux, comme un mini chateau fort. Je m'empresse de sortir, pas envie de me retrouver enferme la dedans... Et je debouche sur une immense avenue qui descend vers la gauche, avec du monde partout! L'avenue est maintenant entierement bordee de gradins bondes. La rue est aux enfants qui s'amusent comme des fous dans ce grand espace pieton. Ca fait un moment que je n'ai plus croise de danseurs. Serait-ce la fin? Pourtant tout le monde reste sur les gradins a attendre..
Je descend l'avenue, fascine par cette ambiance. Et tout d'un coup, un mouvement de foule dans ma direction. Un nouveau groupe de danseurs arrive a fond, tous les passants rebroussent chemin, il y a tellement de monde sur les bords de l'avenue qu'il est impossible de s'echapper. C'est marrant, on court tous en remontant l'avenue, spectateurs et vendeurs ambulants. Puis les danseurs s'arretent, on peut faire une pause. Les vendeurs ambulants en profitent pour vendre des patisseries, des boissons ou des raisins d'amour (c'est comme des pommes d'amour mais avec des raisins en brochette a la place de la pomme...). Les affaires marchent, le vendeur de barbe a papa n'a plus qu'une barbe a papa au bout de sa perche...
Voila, c'est la fete de Ch'utillo a Potosi et c'est vraiment excellent de voir comment ils savent faire la fete ici!
04:36 Publié dans Perou - Bolivie | Lien permanent | Commentaires (0)
25/09/2017
L'aventure en 4x4 : le Salar et le Sud Lipez
Depuis, Tupiza, on a hesite et puis finalement on s'est dit qu'on allait aller voir le fameux Salar d'Uyuni, le plus grand desert de sel du monde. Le probleme c'est qu'on ne peut y aller qu'en 4x4.. On n'est pas fan du 4x4 mais bon, pas le choix si on veut voir ca... Et du coup on est parti avec une Agence Tupiza Tours pour un periple de 4 jours a travers les regions sauvages du sud est de la la bolivie, a la frontiere avec le Chili, entre 4000 et 5000m d'altitude. Et franchement, ca valait le coup.
On a franchi des deserts d'altitude, notament le desert Salvador Dali (c'est incroyable, on se croirait vraiment dans un tableau de Dali...), on est passe au pied d-une multitude de volcans enneiges, on s'est arrete devant des lagunes de toutes les couleurs, des blanches, des marrons, des vertes, bleue et meme une rouge particulierement belle, toutes avec plein de flamants roses dont on se demande ce qu'ils font la (c'est resistant ces bestioles la..) On a passe quelques villages isoles habites par des eleveurs de lamas et d'alpagas et un village fantome peuples d'etranges animaux, mi lapin, mi ecureuil, qui restent dresses sur des pierres, immobiles, dans une posture de meditation un peu comme maitre Yoda... La nuit, on s'est bien caille dans des refuges sans chauffage, a presque 5000m d'altitude. Par contre, la nourriture c'etait le luxe, chaque 4x4 avait sa cuisiniere perso qui nous faisait de bons petits plats.
Et c'est le derneir jour qu'on est arrive au Salar d'Uyuni, avec lever du soleil sur une ile pleine de cactus au milieu de l'etendue salee.
Le salar, c'est essentiellement du sel, mais egalement du lithium, et pas qu'un peu : plus de 50% des reserves mondiales. Un paquet d'argent en persepective que lorgnaient les multinationales. Mais Evo Morales a vire tout le monde avec pour but que ce soit la Bolivie qui en profite. resultat, l-exploitation a stagne pendant 10 ans, mais maintenant la Bolivie vient de finir la construction d'une usine de fabrication de batterie en lithium et ils vont pouvoir commencer a exporter des batterie et non pas seulement du lithium, ce qui vaut beaucoup plus cher. Malin le Evo...
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