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02/09/2017

La Paz!

L'arrivee et le sejour a La Paz : 

 

Depuis Copacabana, le bus suit une tres belle route avec plein de virages a travers de grandes collines pelees, recouvertes d'herbe jaunie. Entre les collines, on apercoit l'eau bleue du lac titicaca de tout les cotes car on se trouve sur une presqu'ile. On finit par arriver a un bac pour franchir le detroit qui separe le Titicaca en deux. Tout le monde descend du bus. Le bus est charge sur une espece d'immense barque en bois tandis que les passagers montent sur des petites navettes. A premiere vue, on se dit que c'est idiot de nous faire descendre, on aurait tres bien pu rester dans le bus, mais quand on voit les freles embarcations dans lesquelles sont charges les bus tanguer dans les vagues, on se dit que finalement c'est tant mieux. C'est vraiment un drole de spectacle, ces grandes barques plates qui semblent deriver dans tous les sens au milieu du detroit, chacune avec son bus. Mais ca passe, au final on recupere notre bus.

De l'autre cote, les rives du lac sont beaucoup plus construites. Les petites habitations en terre crue sont presque toutes surmontees d'une extension en briques rouges. Entre les habitations, de ci de la, des terrains de foot flambant neuf, des terrains de baskets couverts, des places toutes neuves, posees comme ca, pratiquement au milieu de nulle part. C'est l'effet Evo Morales. Avant son election, il y a une dizaine d'annees, les villages de l'altiplano etaient completement delaisses, maintenant c'est le contraire, ils croulent sous les amenagements. En tout cas, la region semble en plein developpement, chacun semblant avoir les moyens d'ameliorer sa maison. Et un peu partout sur les murs, on voit des gros "EVO SI" peints en lettres geantes de 1 m de cote, pour inciter a voter oui aux dernieres elections. Il y a bien quelques NO aussi, mais beaucoup plus rares.

 

La route finit par s'eloigner du lac et traverse une immense plaine, toujours recouverte d'herbe jaunie. Quelques maison eparpillees ca et la et dans le lointain des monts enneiges. On se croirait au milieu de la steppe.. Mais voici qu'arrivent de nouveau des constructions en briques. D'abord des immeubles en briques, pas finis, au milieu de nulle part, puis de plus en plus de murs, delimitant des terrains vides, surement futurs terrains a construire. Et toujours plus de constructions, un peu partout, grignotant progressivement la plaine. Et on est toujours pas entre en ville, la plupart des immeubles semblent encore vides. On fait bien 10 - 15 km comme ca, puis peu a peu la ville semble prendre vie, de plus en plus de boutiques au pied des immeubles, de minibus gares sur les bas cotes. Mais aucun immeuble ne semble termine, tout est fait avec cette brique-parpaing rouge avec des poutrelles en beton arme, tres laid.

Ca y est on est entre dans la peripherie, mais ca n'en finit pas, toutes ces constructions identiques qui se suivent au milieu de la plaine que l'on apercoit au dela des constructions. La ville semble un immense chantier, rien n'est fini, la route elle meme est en travaux, on roule sur les bas cotes en terre. Ca finit par etre completement embouteille, et pourtant un panneau indique qu'on se trouve encore a plus de 15 km du centre ville. Cette banlieue tentaculaire, c'est El Alto, la ou se retrouvent tous les paysans Aymaras qui quittent leurs campagne. Ca donne une impression de ville sans fin, assez desagreable. Le chauffeur tente de passer par des rues paralleles pour eviter les bouchons mais la aussi c'est en travaux, il y a des nids de poule de malade. Le trajet n'en finit plus. Et puis tout d'un coup, la ville s'arrete. Cette imensite plate recouverte de constructions disparait dans le vide. La route fait un virage et on se retrouve face a un immense precipice. Et la, vision fabuleuse, voici le coeur de La Paz qui apparait au fond d'une gigantesque vallee, dont les versants sont entierement recouverts de petits immeubles en brique rouge. Le centre ville est la bas, tout la bas. Et dominant le tout, un pic enneige, pile au fond de la vallee. C'est un spectacle hallucinant : imaginez si Grenoble avait grandi jusqu'a recouvrir toute sa vallee jusqu'aux sommets des montagnes environnantes, jusqu'au Vercors. Ca donne un peu ca, mais avec plein de constructions rouges.

 

Le bus descend, descend, le long de rues incroyablement raides, descend encore, puis finit par s'arreter au milieu d'un carrefour embouteille. Voila fin du voyage. Pourtant on n'a pas l'air d'avoir atteint le centre ville, c'est plein d'immeubles recents deja delabres. Je demande au chauffeur ou se trouve le centre ville, il me dit que ca y est, on est au centre de la ville. Pas convaincus, on s'eloigne a pied avec nos sacs. Logiquement, au centre ville, il y a des vieux batiments, des eglises, La Paz a quand meme ete fondee il y a 500 ans. Il me semble que la vieille ville se trouve au fond de la vallee, alors on descend l'avenue. Ca tourne et ca descend toujours. Petit a petit, le flot de voitures dans la rue diminue jusqu'a completement disparaitre et la grande avenue est maintenant barree de grandes banderoles avec, de place en place, des petites groupes de femmes assis en rond au niveau des carrefours. Ca fait du bien, car ca faisait une sacree pollution et du bruit toutes ces voitures. On continue de descendre au milieu de l'avenue. En fait, on arrive en plein milieu de manifs des vendeuses de rues. Ca fait plusieurs jours qu'elles bloquent les rues comme ca pour protester contre un projet de la mairie de "carnetisation"( il me semble qu'on veut les obliger a faire des factures, quelques chose comme ca) Du coup, l'ambiance dans les rues bloquees est super sympa, elles sont assises la, a tricoter ou jouer aux cartes. La rue aux pietons! On descend encore et on finit par croiser des batiments anciens au milieu des immeubles, puis des eglises, des rues pavees. Enfin on y est, et voila des Alojiamentos, des auberges. On en choisit une un peu au hasard. Ca y est, on peut enfin poser les sacs. On est a La Paz!

 

 

 

On est reste presque'une semaine a La Paz, le temps de flaner dans les quelques rues pietonnes du centre ville, emplies d'une multitude de vendeurs ambulants du matin au soir, de se perdre dans le marche couverts de Lanza, un vaste batiment en beton sur plusieurs etages avec les allees qui sont en fait des rampes qui montent et descendent. On teste les repas dans les stands ambulants : des cuisinieres qui se posent sur un coin de trottoirs entoureesde marmites et de petits tabourets. Surprise, qu'y a t'il dans les marmites...

Et puis faire un tour en telepherique. C'est la grande nouveaute de la ville, Evo Morales a fait construire plusieurs lignes de telepherique qui vont un peu partout. Ce sont en fait des oeufs, comme aux sports d'hiver. On sait que c'est lui qui est a l'initiative car il y a son portrait sur chaque cabine. C'est ultra moderne, dans les gares de depart ca fait ambiance aeroport, ca depareille avec l'ambiance de la ville mais c'est reposant. Et dans les cabines, quelle serenite. On survole la ville en silence, c'est planant. Avec Cecile, on se fait toutes les lignes de telepherique, la rouge, la bleue, la jaune. Et il y en a plein en construction : orange, celeste, cafe, doree... On peut monter jusqu'a El Alto, a pres de 4000m. Et la, on rejoint le cette banlieue qui s'etend sur la plaine d'altitude. Et il y a quand meme un autre telepherique qui traverse tout El Alto. Un telepherique sur du plat, je ne pensais pas que c'etait possible, mais si, il longe les avenues ou s'eleve un peu pour passer au dessus des immeubles et redescend au niveau des arrets intermediaires. C'est trop bien le telepherique! De la, on voit d'etonnants immeubles multicolores recouverts de miroirs et de formes geometriques un peu comme des transformers ou Goldoraks. Ce sont les rares immeubles termines dans cet etonnant style moderne indigene.

Dans les rues, il ya des ammoncellements incroyables de fils electriques sur les poteaux electriques. On dirait que chaque maison est raccordee par un fil, du coup ca fait des pelotes geantes toutes emmelees

Le matin, c'est plein de monde qui court, en costume, en vetement de ville. En fait c'est tous les gensqui sont un peu en retrad pour le travail, l'ecole. En France, on serait en retard tant pis. Ici, ils n'hesitent pas a piquer des sprints, c'est vraiment marrant, quand on sort vers 9h du matin, tout ce monde qui court.

Il y a la place centrale, avec le Parlement et le palais presidentiel, de vieux batiments en style baroque. L'horloge du parlement tourne a l'envers, c'est une decision d'Evo Morales, pour montrer la fin de la domination de l'hemisphere nord. C'est vrai que dans l'hemisphere sud, les cadrans solaires sont inverses. D'ailleurs, le soleil tourne a l'envers aussi, de droite a gauche. Je m'en suis rendu compte un matin ou j'etais assis a la terrasse de l'hotel , plein sud. Le soleil venait de se lever et je pensais la terrasse allait etre bien ensoleillee toute la journee, et non, voici le soleil qui part vers la gauche se cacher derriere les immeubles, au nord...

On voit que Morales commence a devenir un peu megalo. Au dessus du palais presidentiel, il est en train de se faire construire une tour de 20 etages, un immense gratte ciel qui ecrase le vieux centre historique

 

J'ai fait refaire mon passeport, c'etait assez simple a l'embassade de France. Par contre, apres, il a fallu aller au bureau de l'immigration, pour prolonger le visa. Une immense salle avec plein de guichets. Un guichet d'accueil ou un gars nous donne un billet : le 5R. Puis il y a un ecran qui affiche les numero et le guichet ou il faut aller. C'est moderne. Et bien je peux vous dire qu'on l'a attendu le 5R. Il y avait des 5C, des 5N, des 5NP, mais aucun numero finissant en R. On a fini par avoir des doutes quand on s'est apercu qu'a un moment, tous les guichets etaient libres, avec les employes qui attendaient derriere, prenant un cafe ou papotant entre eux. Avec pourtant une vingtaine de personnes en train de patienter dans la salle d'attente. Cecile commencait a s'impatienter, a me dire que c'etait pas normal. Moi je lui disait qu'il ne fallait mieux ne pas aller se plaindre, apres ca allait nous faire des complications, le 5R allait bien finir par sortir, il faut juste etre patient, ils ont surement une raison pour etre tous libres en meme temps a attendre... Mais elle a craque quand elle a vu un couple de touristes arrives apres nous, venus visblement pour la meme chose que nous, et etre appele a un guichet qui etait pourtant vide jusque la. Du coup, quand les touristes ont fini, elle a ete a ce guichet, a montre son passeport, et tranquillement, le type du guichet lui a fait son tampon et en 10 secondes c'etait fini...  Et le 5R, et bein il n'est jamais sorti, mystere... Est ce que le type de l'accueil nous a donne un numero fantome pour nous faire une blague?

En tout cas ca y est je suis en regle, on peut repartir a la decouverte de la Bolivie! Direction plein sud : Tupiza.

 

La demi-ile interdite

Me voici quittant Copacabana sans papiers, comme un clandestin, sur un petit bateau ou nous sommes au moins une cinquantaine la moitie dans la cabaine, la moitie sur le toit (seuls ceux sur le toit ont un gilet de sauvetage, surement plus de risque de tomber a l'eau...) Bon la comparaison s'arrete la car sur le bateau nous sommes exclusivement des touristes blancs, avec nos gros sacs a dos de routard, tous venus passer quelques jours sur l'ile du Soleil, au milieu du lac titicaca. Apres pres de 2 heures de navigation on debarque sur une petite plage. les locaux sont la pour nous accueillir a l'entree de la jetee. Pas pour nous offrir un collier de fleurs mais pour nous faire payer le boleto turistico, 10 bolivianos (1,5 euro), qui nous donne le droit d'aller dans la partie sud de l'ile. Au moins, ils profitent bien de la manne touristique...

Sur la plage, deux enormes statues d'incas bien modernes, muscles comme des schwarzeneggers... C'est que cette ile etait un des lieux les plus sacres de l'empire inca, le leiu d'ou serait sorti le soleil pour la premiere fois, et le premier inca avec.

Depuis la petite plage, pas le choix, il faut grimper, c'est en haut que ca se passe. L'ile est composee de pans de montagne et Yumani, le village de la partie sud se trouve sur la crete. Et ici, pas de minibus, tout se fait a pied. Il n'y a pas de routes sur l'ile, donc pas de voiture.  On commence l'ascension : unraidillon particulierenet abrupt recouver de gros paves. On croise les anes qui descendent, suivi de paysannes en costume. Ici, le camion, c'est l'ane : c'est avec lui qu'on transportent toutes les marchandises vers le village tout la haut. La montee est super dure car non seulement c'est raide, on est avec nos gros sacs a dos mais en plus on est toujours a pres de 4000 m d'altitude (le lac Titicaca est le lac navigable le plus haut du monde) et on est tres vite essoufle. Il faut monter tres doucement. Mais a chaque pause, on est recompense par le panorama incroyable qui se degage peu a peu : les versants de l'ile plongeant a pic dans le lac et au loin d'autres ile et presqu'iles et en face, su rla rive orientale du lac, face a nous, une immense chaine de montagnes enneigees qui semblent sortir de l'eau... C'est la Cordillere Royale, avec des sommets a plus de 6000m. C'est beau!!

Et cette ile se revele n'etre qu'une succession de panoramas a couper le soufle, incroyablement varies. des que l'on passe uen crete, c'est une nouvelle succession d'iles, presqu'iles, montagnes, tout ca vu d'en haut comme si on etait en plein ciel. Un vrai petit paradis!

 

On se trouve une chambre chez l'habitant, chez un couple de paysans, avec le petit enclos a nanes dans la cour engazonnee et avec vue sur le lac et les montagnes. 4 jours paisibles a rpenetr les chemins de l'ile et a s'offrir un coucher de soleil different chaque soir, et meme un fabuleux lever de pleine lune sur le lac.

 

On arpente l'ile, mais seulement la partie sud. Car il parait que depuis 5 mois, la partie nord s'est rebellee et ne veut plus voir un seul touriste. Il parait que le petit guichet ou l'on payait le boleto turistico pour la partie nord, sur le chemin principal a hisse le drapeau rouge et ne laisse plus passer personne. Apparemment, des paillottes ont ete construites sur un de leurs sites sacres et ca ne leur a pas plu, ils ont tout fait sauter. Et il parait aussi qu'ils ne sont pas satisfait de la repartition des revenus du tourisme, ce serait le sud qui recoit le plus. En fait ici, la gestion du tourisme est communautaire, par exemple, ils se repartissent les tours pour aller faire payer le boleto turistico ou pour le nettoyage des sentiers. Sauf qu'il y a deux communautes differentes sur l'ile...

 

 

Lors de nos balade, nous n'avons pas encore tenter d'aller vers le nord mais en effet, un jour, alors que nous retrouver en haut d'une montagne qui fait face a la partie nord, on voit la fameuse cahute sur le chemin en contrebas, avec un groupe de gens qui sont la attendre. Bon, ca a l'air serieux cette affaire. Dommage on ne va pas pouvoir aller sur la partie nord, pourtant ca fait envie, on voit une succession de criques et presqu'iles au loin. En plus, c'est la que se trouve le Temple du Soleil. On observe, la cahute du haut de notre promontoire, voir s'il n'y a pas un petit chemin bien cache, mais il sont bien places, d'ou ils sont, ils dominent tout l'isthme entre les deux parties de l'ile. On fait un peu le tour de la colline. Puis on tombe sur un groupe de touristes francais, en train d'observer comme nous le poste de controle, a la recherche d'un passage. Ils tentent une piste dans les buissons. Mais les habitants au poste de controle nous ont vu d'en bas, on les voit qui s'agitent. Et voila d'autres touristes qui nosu avaient vu de loin depuis une autre colline et qui cherche aussi a passer. On se croirait, a la guerre sur un poste frontiere, avec une troupe d'envahisseurs qui essaient de passer les defenses par tout l emoyens. Sauf qu'ici les envahisseurs ce sont les touristes!

 

Mai spersonne ne reussira a passer, on est trop visible, et personne ne veut tenter de voir ce que ca donne de passer sous leur nez. Allez, il vaut mieux renoncer, apres tout c'est une belle lutte que font ces habitants, c'est honorable, et ils sont motives a faire la garde comme ca chaque jour. Acceptons leur combat. Et la partie sud de l'ile est deja tres belle...

 

Bon evidemment, je n'ai pas pu m'empecher, la veille de quitter l'ile, je me suis fait une expedition de nuit, j'ai marche 2 heures a la lueur de la pleine lune sur l'incroyable chemin des incas, suivant la ligne de crete, montant descendant ciomme la grande muraille de Chine, et je l'ai vue, la partie nord, avec son temple du soleil... Un peu flippant tout seul, dans les ruines, en plus pile au moment ou je suis arrive devant le rocher sacre, il y a eu un eclair juste derriere, comme ca, sorti de nulle part. Je suis revenu vite pour sur mes pas, avec le soleil qui se levait derriere les montagnes, mais je suis arrive au poste de agrde qu'il faisait deja jour, le soleil s'est leve plus vite que prevu, alors j'ai fait un grand detour longeant le pied de la falaise au bord de l'eau... Et j'ai reussi a revenir a la partie sud juste a temps pour retrouver Cecile et reprendre le bateau... Ouf!

 

Prochaine etape : La Paz